Dossier : annexe 2 : un exemple d'intégration dans la fonction publique (P.-Y.Lambert)

LE CASOAR - JANVIER 2009 - N° 192

DOSSIER

Annexe 2 : un exemple d’intégration dans la fonction publique d’Etat

Par Pierre-Yves Lambert. Promotion “Général Monclar” (1984-87).

 

Une carrière civile après une carrière militaire, c’est un choix personnel que personne ne peut assumer pour vous. Chacun n’ayant qu’une vie, j’ai décidé pour ma part de tenter (et donc de réussir) une reconversion vers l’administration civile, malgré un confort tant matériel que culturel finalement assez avantageux du monde militaire (mais parfois étouffant !).

Affronter et donc devenir soi-même un pékin, quelle fin indigne diront certains ! Mais qu’importe l’opinion d’autrui si c’est votre choix. L’on sert toujours mieux son pays quand on est bien dans ses rangers, ou pour moi maintenant ses chaussures.

Je vois trois étapes initiales avant une reconversion :

-          d’abord faire un bilan personnel sincère (qui je suis, qu’est-ce que je sais faire, qu’est-ce que j’ai envie de faire…), l’ARCO peut vous y aider,

-          puis formuler un projet (on se reclasse pour faire et non pour fuir quelque chose),

-          enfin se donner les moyens d’être recruté (une compétence transposable dans le civil et/ou une mobilité dans un autre ministère renforcent vos chances).

Une quatrième étape est bien sûr d’avoir le soutien de sa famille, il est parfois difficile pour une épouse de passer du stade de “femme d’officier” à “femme de quoi au fait ?”.

Mon expérience est toute simple. J’ai décidé, pour des raisons que je ne vous expliquerai pas ici, chacun ayant de toute façon les siennes, de “faire une 70-2”, c’est à dire postuler à un emploi dans l’administration d’Etat. Pour m’y préparer, j’ai demandé à rejoindre un poste adéquat.

Après une première affectation dans un état-major opérationnel parisien (ce fut intéressant mais pas vraiment adapté à mon objectif !), j’ai pu, par un concours de circonstance, obtenir une mobilité officier comme chargé de mission auprès d’un préfet de région. Cette dernière expérience (passionnante) m’a aidé à préparer la “70-2” pour finalement être retenu comme administrateur civil… par le ministère de la défense (en 2007) ! J’ai rejoint la direction des ressources humaines du ministère de la défense (DRH-MD)) comme chef de bureau de la performance RH, poste que j’exerce actuellement. J’apprends tous les jours un nouveau métier RH avec une grande liberté d’action. Appartenant maintenant à un corps interministériel, je dois faire une mobilité pour laquelle c’est à moi de trouver un poste (vers une autre administration centrale ou déconcentrée voir décentralisée ou encore une entreprise) et de vendre mes compétences. Cette possibilité d’élargir mon horizon professionnel vers des postes très variés (même vers l’international), en étant acteur de son orientation, est particulièrement valorisante (mais aussi difficile).

En conclusion, la crise de la quarantaine se profilant, il est naturel de ressentir le besoin de changement. Une deuxième carrière dans le civil y répond et, comme toujours, c’est le premier pas qui coûte le plus. Après, il faut de la ténacité, le moral, un peu de chance et toujours avancer sans attendre quelque chose d’une quelconque institution. Bref, une nouvelle aventure !









Accueil | La Saint-Cyrienne | Le Casoar | Les Promotions | Les Services

Siège de l'Association : 6, avenue Sully-Prudhomme - 75007 PARIS
Tél. : 01 44 18 61 00 / Fax : 01 44 18 61 08