Auteur de la fiche : général de brigade (2s) Jean Boÿ 22 février 2009
107e promotion (1920-22)
Promotion de la Devise du Drapeau
Origine du nom
Après la Grande Guerre, l’Ecole spéciale militaire (ESM) retrouve sa devise napoléonienne: ILS S'INSTRUISENT POUR VAINCRE, à nouveau inscrite sur le drapeau qui lui est remis, le 3 décembre 1921.
Pour commémorer la réapparition de la vieille devise, la promotion fut baptisée, promotion de la Devise du Drapeau.
Cette promotion n’a pas d’insigne
Effectifs à l’entrée
La 107e promotion compte deux cent vingt-huit membres.
Français : deux cent un élèves officiers*, dont deux venant de la 100e promotion (1916-17), promotion des Drapeaux et de l’Amitié Américaine.
*La liste des membres français de cette promotion figure dans le Bulletin de La Saint-Cyrienne 36, de septembre 1924.
Etrangers : vingt-sept. Ce sont un Lituanien, treize Luxembourgeois, deux Persans, un Siamois, dix Tchèques.
Certains ajoutent un Persan de plus et un Péruvien, ce qui porterait alors le total de la promotion à deux cent trente membres.
Le major d’entrée est l’élève officier Henri, Antonin, François Parrouffe (….-….), plus tard capitaine d’Artillerie coloniale, réformé.
Le premier matriculé de la promotion, le Père Système, est l’élève officier Marie, Joseph, Henri Bonnet (….-….), plus tard chef de bataillon d’Infanterie, démissionnaire pour raisons de santé.
Nombre d’officiers formés
Cent quatre-vingt-neuf sous-lieutenants sortent de l’Ecole en 1922 :
- cent quatre dans l’Infanterie ;
- seize dans l’Infanterie/Chars de combat ;
- trente-six dans les Troupes de marine ;
- vingt dans la Cavalerie ;
- treize dans l’Aéronautique, plus tard armée de l’Air.
Le major de sortie est le sous-lieutenant d’Infanterie Georges, Pierre Glain (1901-1981), plus tard général de brigade, officier de la Légion d’honneur.
Deux élèves officiers ont rejoint la promotion précédente, la 106e promotion (1920-21), promotion Dernière de la Grande Guerre ; un décède à l’Ecole ; un démissionne ; un est réformé ; trois sortent non officiers ; quatre poursuivent leur formation avec la 108e promotion (1921-23), promotion du Souvenir.
Les élèves étrangers, simples stagiaires, ne sont, normalement, pas promus dans l’Armée française.
Morts pour la France et morts en service
Quarante et un officiers de cette promotion tombent au Champ d’honneur**, suivant le colonel Jean Le Boulicaut, dans le Livre d’or des Saint-Cyriens morts au Champ d’honneur (Ed. la Saint-Cyrienne, 1990).
Trente-huit Français :
- treize à diverses périodes de la pacification du Maroc ;
- deux en Syrie ;
- un en Afrique occidentale française (AOF), sans plus de précision, en 1932 ;
- vingt durant la Seconde Guerre mondiale ou en déportation ou des suites de blessures ou des suites de captivité ;
- deux durant la guerre d’Indochine ;
Trois étrangers, morts pour leurs pays respectifs :
- un Luxembourgeois ;
- deux Tchèques.
*L’expression «mort au Champ d’honneur», qu’utilise le colonel Jean Le Boulicaut n’est pas réglementaire : l’ordonnance n° 452.717 du 2 novembre 1945 ne connaît que des «morts pour la France» et des «morts en service».
Mais
les éléments fournis par le colonel Le Boulicaut apparaissent discutables voire incomplets.
Il compte parmi les Français un lieutenant Bellier de La Chavignerie, qui aurait été tué au Maroc en 1926 et un colonel Bellier de La Chavignerie qui aurait été tué, le lieu n’étant pas précisé, en décembre 1944. Or, la 107e promotion annonce dans le Bulletin de la Saint-Cyrienne 36, de septembre 1924, un seul A., J., B., H., M. Bellier de La Chevagnerie, en précisant qu’il est passé à la 108e promotion. On le retrouve signalé comme venant de la 107e promotion, parmi les morts pour la France de la 108e, dans la liste de celle-ci dans l’Annuaire de la Saint-Cyrienne 1957.
Par ailleurs, dans l’Annuaire de la Saint-Cyrienne 1957, la 107e promotion annonce deux morts pour la France de plus, ne figurant pas dans le Livre d’or des Saint-Cyriens morts au Champ d’honneur du colonel Le Boulicaut.
Une étude sera faite afin d’éclaircir ces divergences.
Données historiques propres à cette promotion
1) La 107e promotion donne plusieurs officiers généraux à l’armée de Terre, à l’armée de l’Air et au corps du Contrôle.
Armée de terre
Deux généraux d’armée (GAR)
- Jacquot, Pierre, Elie (1902-1984), GAR (Infanterie), grand-croix de la Légion d’honneur.
- Noiret, Jean-Jacques, Louis, Philippe (1902-1967), GAR (Cavalerie puis Arme blindée-Cavalerie), grand-croix de la Légion d’honneur.
Trois généraux de corps d’armée (GCA)
- Lardin, Jean, Marie, Camille (1901-1957), GCA (Infanterie), grand officier de la Légion d’honneur.
- Lecoq, Roger (1901-1990), GCA (Cavalerie puis Arme blindée-Cavalerie), grand officier de la Légion d’honneur.
- Le Hingrat, Pierre, Louis (1901-1996), GCA (Infanterie).
Quatre généraux de division (GDI)
- Balmitgère, Jean, Léon, Pierre, Joseph (1902-1978), GDI (Infanterie), grand officier de la Légion d’honneur.
- De Lambilly, Jean, Eugène, René, Augustin, Marie, Louis (1901-1985), GDI (Infanterie).
- Desfontaines, Léon, Victor, Lucien, Joseph (1900-1973), GDI (Infanterie).
- Paquette, Jean, Emile (1901-1993), GDI (Infanterie).
Un intendant général de 1re classe (Int G 1) (intendant général de 1re classe ; aujourd’hui, CGD, commissaire général de division)
- Holley dit Desmoulins du Besle, Pierre, Emile, Léon (1899-1976), Int G 1 (Infanterie puis Intendance).
Vingt-trois généraux de brigade (GBR)
- Achard-James, André, Charles, Marie, Pierre (1902-1968), GBR (Infanterie).
- Barbier, André, Hippolyte, Michel (….-1958), GBR (Infanterie).
- Bernard, Claude, Jean (1900-1973), GBR (Infanterie coloniale puis Infanterie de marine).
- Berny, François Henri (1901-1982), GBR (Infanterie).
- Berthelot, Joseph, Marie, Charles (1901-….), GBR (Infanterie).
- Boutin, Emile, Jean, Joseph (1900-1968), GBR (Infanterie coloniale puis Infanterie de marine).
- Chaignot, Jean, François (1900-1978), GBR (Infanterie puis Gendarmerie).
- Chavatte, Robert, Pierre, André (1901-1990), GBR (Infanterie coloniale puis Infanterie de marine), grand officier de la Légion d’honneur.
- Cluset, Roger, Lucien, Léopold (1901-1992) GBR (Infanterie coloniale puis Infanterie de marine).
- D’Aleyrac Contaud de Coulange, Joseph, Marie, Henry (1901-1986), GBR (Cavalerie puis Armé blindée-cavalerie).
- De Kermel, Robert, Jules, Marie (1901-1968), GBR (Infanterie coloniale puis Infanterie de marine).
- Edou, Michel, Victor, Joseph, Marie (1901-1973), GBR (Infanterie).
- Fleurant, Jules, Emmanuel, Georges (1901-1980), GBR (Infanterie coloniale puis Infanterie de marine).
- Glain, Georges, Pierre (1901-1981), GBR (Infanterie).
- Nérot, Paul, Charles, Albert (1901-2000), GBR (Infanterie/Chars de combat puis Arme blindée-Cavalerie), grand officier de l’ordre national du Mérite.
- Penette, Marcel, Jean (1902-1991), GBR (Infanterie).
- Quénard, Marcel, Auguste, Jérôme (1900-1998), GBR (Infanterie puis Train).
- Renié, Alfred, André, Marie, Jacques (1902-1993), GBR (Infanterie puis Génie).
- Schumacher, Charles, Marcel (1902-1985), GBR (Infanterie).
- Siman, Blaise, Bernard, Jean, Marie (1900-2000), GBR (Infanterie puis Gendarmerie).
- Tabouis, Maurice, Marie, Edmond (1900-1975), GBR (Infanterie).
- Telinge, Georges, Michel (1900-1980), GBR (Infanterie).
- Waymel, Benoît, Ange, Jean (1901-1999), GBR (Infanterie coloniale puis Infanterie de marine).
Un intendant général de 2e classe (Int G 2) (intendant général de 2e classe ; aujourd’hui, CGB, commissaire général de brigade)
- Vignes, Pierre, Jean, Louis (….-1964), Int G 2 (Infanterie puis Intendance).
Un ingénieur général de 2e classe (Ing G 2)
- Boscals de Réals, Charles, Marie, Joseph (1901-1991), Ing G 2 (Cavalerie puis Matériel).
Armée de l’Air
Un général de division aérienne (GCA)
- Plou, Jean (….-1989), GDA (Air).
Un général de brigade aérienne (GBA)
- De Buchet, Robert, M., E. (….-1994), GBA (Infanterie puis Air).
Au corps du Contrôle
Un contrôleur général de 2e classe de l’Armée (CGA 2)
- Pernot, Jean, Charles, Joseph (1901-1978), CGA 2 (Infanterie puis Contrôle).
Un futur général de brigade aérienne, entré à l’Ecole avec la 107e promotion, a du parfaire sa formation avec la 108e promotion (1921-23), promotion du Souvenir. Nommé sous-lieutenant en 1923, il figure parmi les officiers généraux de la 108e promotion. Il s’agit de :
- Barberon, Jean, Paul, Etienne (1900-1990), GBA (Air).
2) La 107e promotion donne des officiers généraux à l’Armée iranienne et à l’Armée tchécoslovaque :
- Djahanbani, Amanollah (….-….), GCA (....) (Iran), chef d’état-major des Forces iraniennes.
- Ibrahim,Khan Arfa (….-….), GBR (....) (Iran).
- Malar, (….-1944), GBR (Infanterie) (Tchécoslovaquie).
- Tichy, Oldrich (….-….), GBR (Infanterie) (Tchécoslovaquie).
3) La 107e promotion donne à la société civile :
- deux hauts fonctionnaires des Colonies : le lieutenant de réserve de Justice militaire Guy, H., M., J. de Resseguier (….-1969), commandeur de la Légion d’honneur, quitte l’administration des Colonies comme inspecteur général de la France d’Outre-mer et se reconvertit ensuite comme avocat au barreau de Casablanca ; le lieutenant de réserve d’Infanterie Pierre, Jacques, Marie, François Garrouste (….-1969) termine sa carrière comme gouverneur honoraire de la France d’Outre-mer.
Personnages marquants ou atypiques
Le colonel d’Infanterie Marie, Philippe, Antoine, Léon, Pierre, Charles Dewatre (….-1945), officier de la Légion d’honneur, quinze fois cité au combat, commandant le 5e régiment de tirailleurs marocains, meurt pour la France, mortellement blessé en sautant sur une mine.
Le colonel d’Infanterie coloniale Henri, Louis, Marie, Tudy Bourgeois (1900-1948), officier de la Légion d’honneur, compagnon de la Libération, rejoint la France libre dès 1940. Il se distingue à plusieurs occasions durant la Seconde Guerre mondiale et meurt pour la France des suite de ses blessures, après la guerre.
Le général d’armée Pierre, Elie Jacquot (1902-1984), grand-croix de la Légion d’honneur, deux fois blessé au combat, est issu de l’Infanterie. Il débute, à la Légion étrangère, au Maroc, une brillante carrière qu’il achève comme commandant en chef des Forces françaises en Allemagne puis inspecteur général de l’armée de Terre, enfin commandant en chef des Forces alliées en Centre-Europe.
Le général d’armée Jean-Jacques, Louis, Philippe Noiret (1902-1967), grand-croix de la Légion d’honneur, appartient à l’Arme blindée-Cavalerie. Passé par le Prytanée militaire de La Flèche, son parcours va du Cadre Noir, au commandement du 12e régiment de cuirassiers, avec lequel il entre dans Paris, en 1944, puis à celui de l’Ecole d’application de l’Arme blindée-Cavalerie de Saumur, jusqu’aux postes éminents de commandant de la 1re région militaire enfin d’inspecteur général de l’armée de Terre.
Le général de corps d’armée Jean, Marie, Camille Lardin (1901-1957), grand officier de la Légion d’honneur, vient de l’Infanterie. De la campagne du Maroc aux opérations de sécurité et de maintien de l’ordre en Afrique du Nord, il totalise treize citations.
Le colonel de l’Arme blindée-Cavalerie Marie, Louis, Guillaume de Tournemire (1901-1970), commandeur de la Légion d’honneur, huit fois cité au combat, est un officier éclectique. Médaillé d’argent aux Jeux Olympiques de Paris de 1924, en pentathlon moderne, il est plus tard, en 1932 au Maroc, grièvement blessé au cours d’un véritable duel au fusil avec un rebelle marocain. En 1940, mis à la disposition du ministre secrétaire d’Etat à l’Instruction publique et à la Jeunesse de l’Etat Français (1940), il devient commissaire général des Compagnons de France, une organisation d’éducation civique des jeunes. Il est en même temps créateur et chef du service de renseignement militaire franco-britannique des « druides », appartenant au réseau Alliance (1942). Après la guerre, il commande le 1er régiment de chasseurs d’Afrique (1946-49), à Casablanca avant de devenir, à la retraite, directeur de la Banque d’Etat du Maroc.
Le major d’Infanterie de l’Armée luxembourgeoise Emile Hamilius (1897-1971)est grand officier de l’ordre du Mérite d’Adolphe de Nassau (Luxembourg) et de l’ordre de la Couronne de chêne (Luxembourg) mais aussi commandeur de la Légion d’honneur et grand officier de l’ordre national du Mérite (France). Après son passage à l’Ecole spéciale militaire, il se lance dans la politique de son pays. Membre du Parlement du Luxembourg , dans ses fonctions de bourgmestre de la ville de Luxembourg il procède au mariage civil de Leurs Altesses Royales le grand-duc héritier Jean et la princesse Joséphine-Charlotte de Belgique.
Le colonel de réserve d’Infanterie André, Léon Brouillard (1900-1985), commandeur de la Légion d’honneur, chef du réseau Eleuthère pendant la Seconde Guerre mondiale est aussi, sous le pseudonyme de Pierre Nord, l’auteur d’une quarantaine de romans, publiés à plus de quatre millions d’exemplaires et dont sept films ont été tirés.
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