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Edito du Président

Paris le 5 septembre 2014


Situation internationale : vers le chaos ?

Il y a 20 ans les crises étaient nombreuses, les « importantes » et les dites « périphériques ». Toutes les années 90 ont été marquées pour les européens par la crise de l’ex-Yougoslavie. La Croatie et la Bosnie-Herzégovine puis la Serbie et le Kossovo sans oublier le Monténégro et l’Albanie ont été les théâtres d’affrontements violents et d’interventions internationales de tous types et avec tous les niveaux d’engagement. Le Liban mais bien évidemment l’Irak ont été les centres des préoccupations de la communauté internationale. En Afrique le Rwanda, en crise depuis 1991, a connu une implosion dramatique et un génocide en 94 mais, ailleurs, au Tchad, en RCA, au Togo, dans les différentes Guinée, au Zaïre, au Soudan, entre le Nigéria et le Cameroun, en Somalie et même à Djibouti, des crises violentes se sont succédées. Cette liste n’est pas exhaustive et vous pourrez sans doute la compléter en pensant à l’Asie, notamment au Cambodge où là encore des forces internationales sont intervenues pour aider à la résolution de conflits.

Cependant depuis quelques années les crises paraissent encore plus violentes  et les actions internationales de plus en plus guerrières. Après l’Afghanistan et l’Irak durablement instables en dépit d’engagement très lourds des occidentaux il semble que ce soit tout le Moyen-Orient qui rentre dans une spirale incontrôlable. L’Irak et la Syrie sont en partie absorbés par le soi-disant califat islamique. Sur la côte méditerranéenne l’Egypte et la Tunisie paraissent retrouver un plus grand calme mais la Libye se désagrège avec un niveau de violence sans cesse croissant. Il en est de même de toute la zone sahélienne mitée par des groupes terroristes qui sont poursuivis et attaqués avant de réapparaitre un peu plus loin. Le Mali, le Niger, le Tchad, l’Algérie et le Libye sont au contact avec ces bandes de plus en plus extrémistes mais au niveau d’armement équivalent à celui des rebelles des années 70. Il en est aussi de même au Nigéria avec le groupe Boko Haram. En RCA le niveau de violence interreligieuse a dépassé tout ce que l’on percevait dans ce pays jusque-là connu pour des rivalités classiques de pouvoir entre ethnies. Plus à l’est l’Ukraine est confrontée à une déstabilisation qu’elle a été incapable d’éviter face à une Russie qui n’aime pas être sous-estimée dans ce monde décidément agité. On pourrait aussi citer la Chine, superpuissance qui pèse économiquement et aussi militairement sur tous ces voisins y compris le Japon.

Ce qui est frappant en comparant ces périodes c’est l’apparente volonté des chefs de ces groupes armés islamistes extrémistes actuels de refuser totalement tout dialogue avec les occidentaux. Le comportement des chefs « inconnus » de « l’état islamique » est à cet égard révélateur, exécutions, provocations, assassinats de masse, purification religieuse et ethnique, refus de toute l’Organisation internationale. C’est le défi permanent des extrémistes avec une absence de logique dans les rapports avec les puissances étatiques qui fait penser qu’une partie du monde glisse vers le chaos. La terreur comme mode d’action principal voire unique en fait bien des terroristes.

Actuellement la France intervient avec détermination et efficacité en zone sahélienne. Elle ne bénéficie que d’une très petite aide européenne et de la bonne volonté des états africains concernés lesquels n’ont que des moyens sous-dimensionnés par rapport à ce type de menace. Les occidentaux en revanche ne savent que faire au Proche-Orient mais là, au moins, la diplomatie peut encore jouer son rôle ce qui n’est pas le cas plus à l’est où le « califat » ne cherche pas à entrer dans une logique de résolution des conflits bien connue à l’ONU et dans les chancelleries.

Cette forme d’action brutale, inculte, intolérante, donc barbare, de ces groupes « terroristes » de nos jours ne s’apparente plus à celles des parties aux prises durant les années 90. L’Occident, Etats Unis en tête, ne fait plus peur non pas parce qu’il est réellement faible mais parce qu’il est totalement méprisé par ces fanatiques. C’est le point clé. Il est vrai que les Etats-Unis hésitent entre le repli et ses responsabilités de superpuissance, il est aussi exact que le monde parait « multipolaire » avec l’arrivée de la Chine comme autre superpuissance et le retour de la Russie sur la scène internationale à comparer avec  la faiblesse chronique des européens.

Ce glissement d’une partie du monde vers le chaos, si c’est bien le cas, est effectivement une menace majeure pour l’Europe. Incapable de maitriser les entrées sur son sol elle se devrait d’être plus active pour éviter une déstabilisation dramatique des zones situées à l’est et au sud. Personne ne peut prédire la fin du chaos si on se contente d’observer, personne ne peut assurer du succès de seules actions militaires musclées. Peut-être faudrait-il essayer plus vigoureusement de renouer les fils d’un dialogue entre les uns et les autres, peut- être faudrait il entretenir et conjuguer les expertises de ces mondes africains et arabes ? Rien n’est simple c’est pourquoi il pourrait être bon de croiser les effets de la puissance avec une meilleure connaissance de ces milieux humains qui risquent de basculer durablement dans le chaos. De tous temps des officiers ont apporté leur contribution par leur expertise du milieu, elle put parfois être déterminante dans des conflits ou des crises. Souhaitons que la décennie à venir ne voie pas nos armées démunies de ces capteurs et de ces relais humains.

Le chaos est le poison mortel des civilisations.
 
Général de corps d'armée (2s) Dominique DELORT

 


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