Accès membre

Logo de La Saint Cyrienne

Connexion

Mot de passe oublié ?
Rester connecté

1er prix du concours d'éloquence pour l'EOA Emma du 2eme Bat'

  • 11 juin 2018
  • -
  • Catégorie : Vie de l'école
  • -
  • Auteur : Olivia Dubois
  • -
  • Vu : 2438 fois
1er prix du concours d'éloquence  pour l'EOA Emma du 2eme Bat'

L’élève-officier Emma, à peine 22 ans, de la promotion général Loustaunau Lacau a remporté hier soir, le prix Clemenceau de cette 1ère édition de concours d’éloquence organisé aux Invalides (Paris).



Avec son discours de 5 minutes ayant pour sujet « Quand on est jeune, c’est pour la vie », elle termine première face à 6 candidats venus de grandes écoles civiles et militaires (Ecole Spéciale militaire de Saint-Cyr, École de l'air, École polytechnique, Sciences Po, HEC Paris, Sorbonne Université Paris 1 Panthéon Sorbonne) et devant un jury prestigieux composé ( de la MINAR, madame Florence Parly , du chef d’état-major des armées, le général d’armée François Lecointre, de généraux, d’écrivains, réalisateurs, avocats etc.).


Sélectionnée parmi de nombreux élèves-officiers des ESCC dans le cadre de ce concours d’éloquence, l’élève officier d’active Emma a effectué plusieurs oraux d’entrainement afin de parfaire, d’une part le fond de son intervention et d’autre part son aisance devant le jury. L’expression orale fait pleinement partie du cursus des Saint-cyriens, qui sont très fréquemment mis en situation d’expression en public, que ce soit pour commander une section sur le terrain que pour exposer et soutenir un travail de recherche ou encore passer des concours interne de haut niveau comme, entre autres, « l’école de guerre ».

Elle suit depuis bientôt deux ans la scolarité à l’École spéciale militaire, articulée en semestres à dominante militaire ou académique. Volontaire pour une externalisation, elle a été sélectionnée pour suivre pendant deux semestres une scolarité de Master en politiques publiques à l’IEP de Paris qui lui permettra d’obtenir le double diplôme ESM/IEP.
 Signe du lien Armées-Nations et preuve que les échanges réguliers entre Armées et établissements civils d’enseignement supérieur sont pérennes.

Son discours :

"Quand on est jeune, c’est pour la vie !


 Il entra à Saint-Cyr ce grand père méconnu
 Et son regard d’enfant aima le vieux bahut.
 Il y voyait la fougue, et la rage et la flamme :
 Voici l’école qui forgera les âmes !

Mais ses maîtres et cadres l’y voulurent vieillir,
 Car le chef est prudent, mûr, et doit s’appauvrir !
 On peut d’un jeune élève le corps endurcir,
 Mais l’esprit s’aiguise sans jamais s’assombrir.

Parfois déçu, jamais amer, rongeant son frein
 De n’être pas encore un cavalier du Rhin
 Bousculant dans certains rêves trop enflammés
 Le Reich terrible et son guide illuminé.

Il se voyait oindre par le baptême du feu,
 Mais c’était l’année quarante ; frappé par dieu,
 Il tomba terrassé par les obus des cieux.
 Mais la jeunesse naît quand éteinte on la veut,

Et l’orgueil piqué, il survit, se relève,
 S’élance dans l’ivresse qui le porte en rêve.
 Puis c’est l’Indochine, la vallée infernale,
 Le héros s’appelle… heu… se voit général.

Il n’est pas un marsouin, alors Afrique adieu,
 Enchaînant des salsas de démon et de feu,
 Tenant trois nuits par semaine sans prendre d’air
 Un obélisque en sa compagnie, droit et fier,
 Bien tracé, comme une astérisque, légionnaire…

Pour la France et l’amour de son fils sa bataille,
 Il part en Algérie, loin de la grisaille,
 Il se bat, se dépasse et là c’est le drame ;
 Comprend qu’il ne sera pas le capitaine Flam.

Car voici le putsch, où son ardeur le conduit,
 Il fait face à la justice et jamais ne fuit,
 Jugé à Marseille, on lui passe un savon,
 C’est la même lessive à Saint-Marc en prison…

Un sourd reproche en son cœur l’accable muet
 Il accuse de sa jeunesse les excès
 Et souhaite vieillir, s’abandonner au temps,
 Puis renoncer aux petits émerveillement.

Il ne comprenait plus les choses ni les gens,
 C’était l’époque du président Mitterrand.
 Avant de s’éteindre, il voulut revenir
 Vers le passé, revoir les portes de Saint-Cyr.

Et là découvre le désastre, stupéfait :
 Dans les rangs glorieux de nos élèves officiers,
 Rangs qui ont vu Foucauld et De Gaulle passer,
 Deux filles, osant le shako, portant l’épée !

Il contempla l’outrage, les dévisagea.
 À ce tribunal sa jeunesse il convoqua,
 Mais loin de servir à ses regrets d’avocat,
 Elle le fit tressaillir et plus le secoua.

Ce vieux soldat chenu et qui se croyait mort
 D’un long frisson fut parcouru de tout son corps ;
 Il avait vingt ans, sourit dans une larme,
 Découvrant ce secret blotti dans son âme.
 Il murmura : « La jeunesse est une femme »."



Source: Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan





Auteur :
Olivia Dubois

Membre associé

Commentaires

Veuillez vous connecter pour lire ou ajouter un commentaire

Connexion

Mot de passe oublié ?
Rester connecté