Logo de La Saint Cyrienne
Retour aux actualités
Article suivant Article précédent

Humeur

Témoignages

-

28/04/2016

-

3

Un général n'est pas un ministre et réciproquement. L'appréciation de la situation militaire doit être laissée aux chefs militaires. Le responsable politique décide, parfois autrement, avec quelques exemples cuisants dans les années 30... Sinistre prélude à mai 40 !
Expliquer n'est pas décider. Le pouvoir de décider ne donne pas raison.
Quant au droit de penser ? Il est total ! Qu'on se le dise !
Général de corps d'armée (2s) Dominique DELORT


Lisez le billet d'humeur du Général (2s) Henri PINARD LEGRY :
Billet du président de l’ASAF Juppé : Arrogance et autisme
 
Les propos tenus le 25 avril devant des étudiants de l’IEP de Bordeaux par monsieur Juppé au sujet du général de corps d’armée Bertrand Soubelet sont parfaitement incongrus et incompréhensibles au regard des responsabilités qui lui ont été confiées dans le passé et de celles auxquelles il aspire pour l’avenir proche.
«Un  militaire,  c'est  comme  un  ministre  :  ça   ferme   sa   gueule   ou   ça   s'en   va» Non, monsieur Juppé, un officier général n’est pas un ministre qui passe d’un ministère à un autre  souvent  sans  connaître  grand-chose  aux  matières  qu’il  est  amené  à  y  traiter.      Un officier général, en situation de responsabilité, possède une compétence indiscutable et indispensable pour permettre aux dirigeants politiques (Président, ministres et élus) de  prendre les meilleures décisions en toute connaissance de cause. C’est d’ailleurs la raison  pour laquelle le général Soubelet a été auditionné !
Les militaires, y compris ceux qui appartiennent au haut commandement, ont donc le devoir de  s’exprimer  devant  les  élus  et  les   Français   avec   la   plus   grande   franchise.   Refuser les analyses et les propositions de ceux qui possèdent la connaissance précise des réalités, c’est faire preuve d’un autisme qui explique sans aucun doute bien des problèmes que la France rencontre sans les traiter au fond parce que ses dirigeants ne savent pas écouter et donc comprendre et décider avec intelligence.
Dire d’autre part que : « Les militaires ont le droit de penser mais il y a des limites à ne pas dépasser » est non seulement inconvenant mais proprement scandaleux. C’est la marque  d’une suffisance voire d’une arrogance détestables souvent attachées d’ailleurs à l’image que les Français ont de l’auteur de cette sentence. Qu’aurait dit monsieur Juppé si l’on avait appris que le général Soubelet avait caché la vérité à la représentation nationale ? Aurait-il félicité ce général d’avoir menti par omission ?
 
En écoutant ces propos, on comprend bien pourquoi les Français disent ne plus avoir confiance en une classe politique autiste.
Ils souhaitent maintenant des chefs francs et clairvoyants, courageux et animés du seul souci de servir l’intérêt général.
En considérant les militaires comme de simples exécutants muets, monsieur Juppé exprime en fait sa volonté de voir une caste politicienne conserver le pouvoir et ses prérogatives, en faisant taire les Français qui veulent ardemment sortir la France de l’impasse dans laquelle  elle se trouve.
 
Monsieur Juppé, en ce centième anniversaire de la bataille de Verdun, l’Histoire nous rappelle qu’on ne conduit pas la France à la victoire et  au succès contre les  Français ou sans  eux.  Cela est d’autant plus vrai quand on aspire à devenir le chef des armées et qu’on se permet de faire de la démagogie sur le dos des soldats français.
 
Henri PINARD LEGRY
Officier général en 2ème section
Président de l’ASAF

536 vues Visites

J'aime

Commentaires3

Veuillez vous connecter pour lire ou ajouter un commentaire

Articles suggérés

Témoignages

Treize soldats français tués au Mali : l'affliction et la gratitude

User profile picture

Anne-Charlotte BOILEAU

06 décembre

Témoignages

Imbroglio Afghan et chaudron centre-asiatique, conférence à l'Assemblée Nationale

User profile picture

Ségolène Martinez

05 décembre

Témoignages

Les qualités d'un chef

User profile picture

Yves de GUIGNÉ

16 octobre